Questions/réponse

Je ne peux pas faire des équilibres, je n’ai pas de la force, je ne suis pas assez flexible…

On pourrait penser que l’Ashtanga est une discipline difficile et exigeante, où l’on cherche à faire des acrobaties et par qu’il faut beaucoup de force et de flexibilité. Tout ceci n’est qu’accessoire et très loin du but poursuivi par l’Ashtanga.

            Le yoga, l’Ashtanga inclut, recherche une inhibition du mental, un arrêt de ses fluctuations, qui nous fait perdre de vue notre essence ainsi que notre présence dans le moment présent. Pour arriver à ce but, le yoga nous propose huit échelons à gravir petit à petit. Les postures, elles, se situent au troisième échelon. Les deux premiers sont les yamas (Ahimsa, Satya, Asteya, Brahmacarya et Aparigraha) et les niyamas (Saucha, Santosha, Tapas, Svadhyaya et Ishvara-Pranidhana). Ceux-ci sont des règles de conduite envers les autres et envers soi-même, des règles qu’il faut bien établir avant de rentrer dans la réalisation des postures. Sans entrer dans les détails, elles nous disent qu’il faut être gentil avec son propre corps, travailler en cohérence avec ses possibilités sans avidité, sans préjugés ou sans un esprit de compétition. En même temps, il ne faut pas perdre de vue que la pratique n’est qu’un moment que l’on s’offre à nous-mêmes pour apaiser et purifier le mental. Il en ressort donc l’importance de pratiquer dans un environnement où il y aura peu de distractions, et où vous pourrez vous connecter à l’instant présent (sans s’attacher au mental). La pratique de l’Ashtanga repose donc sur ces deux piliers et la pratique n’est pas du tout réservée à quelques privilégiés. L’écoute et le respect du corps sont sa base et c’est à partir de là qu’on évolue petit à petit.

Mais pourquoi la force est tout de même très présente ? Pourquoi autant de vinyasa, des sauts en avant et en arrière ?

Il faut penser que le yoga cherche une union du corps et de l’esprit, une harmonie ou équilibre. En ce qui concerne le corps, il y a entre le bassin et les épaules un déséquilibre inné. Le bassin est plus solide car sa fonction est de soutenir le corps et les épaules sont plus flexibles car leur but est la mobilité. Ce que l’Ashtanga propose (via l’assouplissement du bassin et le renforcement scapulaire) est d’essayer de retrouver un état statique ou harmonieux, tout en équilibrant les deux. En même temps si on veut bien respirer, il est évident qu’un travail scapulaire s’impose afin de pouvoir rouler les épaules vers l’extérieur et ouvrir la cage thoracique. Le yoga n’est pas de la magie. Il est le résultat d’un travail corporel pour aboutir à certains résultats.

Et les postures, leur but est-il de les aligner correctement ?

Le but de la pratique du yoga commence par poser les Yama et les Niyama. Dans ce sens le respect et l’écoute de son corps est essentielle. Ainsi, si une posture n’est pas faisable en fonction de notre force et/ou de notre flexibilité, il faudra l’adapter en fonction de nos possibilités.

            Il faut penser que le plus important dans toute posture est qu’elle soit « ferme » (Sthira) et « aisée » (Sukha). Ainsi selon Patanjali il faut essayer de garder ces deux qualités, un esprit alerte et un corps confortable.

S’il faut donc avoir une posture confortable et respecter son corps, se poser des objectifs est-il contraire à la pratique ?

Pas tout à fait. Que l’on ne doit pas brusquer le corps ou le pousser au-delà de nos possibilités ne veut pas dire que l’on ne puisse pas avoir des objectifs. Dans le cas contraire on n’évoluerait pas et la pratique stagnerai. En même temps, s’il n’y a pas un challenge qui puisse absorber le mental et nous mener à un état de flow, celui-ci reprendra le contrôle du moment et on s’éloignera donc du but du yoga.

            Il faut penser que la Sadhana ou pratique personnelle, pour qu’elle puisse purifier le mental, doit avoir trois éléments : l’ardeur au travail (tapas), l’étude de soi (Svadhyaya) et l’abandon du fruit de ses actes (Ishvara Pranidhana). Dans ce sens, on voit qu’il faut qu’il y ait une ardeur, un désir d’aller vers quelque chose de positif, quelque chose qui puisse nous aider à progresser et à cultiver cette flamme.

            Dans la même lignée, Patanjali nous dit aussi que dans la pratique il doit y avoir un effort et une motivation constante (Abhyasa). Si elle ne nous motive pas c’est évident que le mental va se dissiper et commencer à sauter de droite à gauche. Dans un autre sens il nous dit aussi qu’elle doit être réalisée avec détachement (Vairagya). Ainsi, il faut pratiquer avec des objectifs et avec l’envie d’évoluer, mais sans laisser que l’objectif en soi prenne le contrôle du moment présent et puisse freiner notre progression. Si on n’arrive pas aujourd’hui à faire une posture, ça sera demain, la semaine, le mois ou l’année prochaine.

Qu’est-ce qui est le plus important pour se lancer dans cette discipline ?

Il faut une envie de vouloir se reconnecter avec soi-même, de mettre en pause son mental et profiter du silence et du vide du moment présent. Evidement on peut aussi pratiquer avec un but purement physique et laisser le temps nous faire découvrir ses secrets. D’un autre côté il faut aussi avoir l’envie de vouloir bouger, via l’enchainement des postures qui parfois peuvent être exigeantes malgré tout ce que nous avons développé ci-dessus. Il y a trois piliers dans la pratique de l’Ashtanga (Tristana) : la respiration (le son de la respiration Ujjayi et son lien avec la réalisation des postures), les drishti (le regard comme moyen de focaliser et garder le mental à sa place en se déconnectant des sens externes) et les bandhas (les contractions musculaires qui vont influencer notre système respiratoire, circulatoire et nerveux entre autres). Ainsi, si l’on sait respirer, garder les yeux ouverts et prendre conscience du plancher pelvien et du bas ventre, on peut pratiquer l’Ashtanga. La persévérance fera le reste.

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