FAQ

Quelques questions-réponse

On pourrait penser que l’Ashtanga est une discipline difficile et exigeante, où l’on cherche à faire des acrobaties et par qu’il faut beaucoup de force et de flexibilité. Tout ceci n’est qu’accessoire et très loin du but poursuivi par l’Ashtanga.

Le yoga, l’Ashtanga inclut, recherche une inhibition du mental, un arrêt de ses fluctuations, car celles ci nous font perdre de vue notre essence ainsi que notre présence dans le moment présent. Pour y arriver il nous propose huit échelons à gravir petit à petit.

  • Les deux premiers sont les yamas (Ahimsa, Satya, Asteya, Brahmacarya et Aparigraha) et les niyamas (Saucha, Santosha, Tapas, Svadhyaya et Ishvara-Pranidhana). Ceux-ci sont des règles de conduite envers les autres et envers soi-même qu’il faut bien établir avant de rentrer dans la réalisation des postures. Sans entrer dans les détails, elles nous disent qu’il faut être gentil avec son propre corps, travailler en cohérence avec ses possibilités sans avidité, sans préjugés ou sans un esprit de compétition. En même temps, qu’il ne faut pas perdre de vue que la pratique n’est qu’un moment que l’on s’offre à nous-mêmes pour apaiser et purifier le mental. La pratique de l’Ashtanga repose donc sur ces deux piliers et elle n’est pas du tout réservée à quelques privilégiés. L’écoute et le respect du corps sont sa base et c’est à partir d’ici que l’on va évoluer petit à petit.
  • En ce qui concerne les postures ou asanas, elles constituent le troisième échelon. Etant donné qu’elles ne sont pas un fin en soi, mais un moyen pour apaiser le mental (but que l’on recherche), la flexibilité n’est pas du tout un réquisit obligé pour la pratique. En relation à ceci, Patanjali nous dit qu’elle doit être ferme et confortable (« Shtira Sukham Asanam« , II.46 des Yoga Sutra), ainsi que c’est cultivant la pratique constante et le non-attachement que le mental s’apaise ‘ »Abhyasa Vairagyabhyam Tan Nidodhah« , I.12). De tout ceci, la posture n’est donc qu’un moyen et ce qu’il faut c’est de la persévérance et un lâcher-prise.

Pas tout à fait. Que l’on ne doit pas brusquer le corps ou le pousser au-delà de nos possibilités ne veut pas dire que l’on ne puisse pas avoir des objectifs. Dans le cas contraire on n’évoluerait pas et la pratique stagnerai. En même temps, s’il n’y a pas un challenge qui puisse absorber le mental et nous mener à un état de flow, celui-ci reprendra le contrôle du moment et on s’éloignera donc du but du yoga.

            Il faut penser que la Sadhana ou pratique personnelle, pour qu’elle puisse purifier le mental, doit avoir trois éléments : l’ardeur au travail (tapas), l’étude de soi (Svadhyaya) et l’abandon du fruit de ses actes (Ishvara Pranidhana). Dans ce sens, on voit qu’il faut qu’il y ait une ardeur, un désir d’aller vers quelque chose de positif, quelque chose qui puisse nous aider à progresser et à cultiver cette flamme.

            Dans la même lignée, Patanjali nous dit aussi que dans la pratique il doit y avoir un effort et une motivation constante (Abhyasa). Si elle ne nous motive pas c’est évident que le mental va se dissiper et commencer à sauter de droite à gauche. Dans un autre sens il nous dit aussi qu’elle doit être réalisée avec détachement (Vairagya). Ainsi, il faut pratiquer avec des objectifs et avec l’envie d’évoluer, mais sans laisser que l’objectif en soi prenne le contrôle du moment présent et puisse freiner notre progression. Si on n’arrive pas aujourd’hui à faire une posture, ça sera demain, la semaine, le mois ou l’année prochaine.

En base à tout ce que l’on a dit précédemment, Fusion Yoga Studio ne propose pas de niveaux pour pouvoir accéder aux cours. Ils sont tous ouverts à toute personne désireuse d’avancer dans ce chemin et chaque posture est adaptée aux possibilités de chacun. Malgré tout, le chemin n’est pas facile et pendant la pratique des sentiments d’inconfort, des frustrations ou de pensées négatives peuvent surgir de manière naturelle. Plus que prendre tout ceci comme un obstacle ou une preuve que ceci n’est pas fait pour vous, il faut le prendre correctement, comme une preuve d’attachement à un résultat spécifique auquel on n’arrive pas et qui nous crée des tensions (dans le corps et dans le mental). Dans ce cas donc ce qu’il faut c’est d’apprendre à observer ce phénomène, se recentrer et retourner dans l’acceptation.

Il faut penser que le yoga cherche une union du corps et de l’esprit, une harmonie ou équilibre. En ce qui concerne le corps, il y a entre le bassin et les épaules un déséquilibre inné. Le bassin est plus solide car sa fonction est de soutenir le corps et les épaules sont plus flexibles car leur but est la mobilité. Ce que l’Ashtanga propose (via l’assouplissement du bassin et le renforcement scapulaire) est d’essayer de retrouver un état statique ou harmonieux, tout en équilibrant les deux. En même temps si on veut bien respirer, il est évident qu’un travail scapulaire s’impose afin de pouvoir rouler les épaules vers l’extérieur et ouvrir la cage thoracique. Le yoga n’est pas de la magie. Il est le résultat d’un travail corporel pour aboutir à certains résultats.

Il faut une envie de vouloir se reconnecter avec soi-même, de mettre en pause son mental et profiter du silence et du vide du moment présent. Evidement on peut aussi pratiquer avec un but purement physique et laisser le temps nous faire découvrir ses secrets. D’un autre côté il faut aussi avoir l’envie de vouloir bouger, via l’enchainement des postures qui parfois peuvent être exigeantes malgré tout ce que nous avons développé ci-dessus. Il y a trois piliers dans la pratique de l’Ashtanga (Tristana) : la respiration (le son de la respiration Ujjayi et son lien avec la réalisation des postures), les drishti (le regard comme moyen de focaliser et garder le mental à sa place en se déconnectant des sens externes) et les bandhas (les contractions musculaires qui vont influencer notre système respiratoire, circulatoire et nerveux entre autres). Ainsi, si l’on sait respirer, garder les yeux ouverts et prendre conscience du plancher pelvien et du bas ventre, on peut pratiquer l’Ashtanga. La persévérance fera le reste.

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