Le yoga et sa définition

Les fluctuations du mental

Les Yoga Sutra sont un texte composé en sanskrit de date incertaine, mais que les historiens situent autour du 200 DC (en se fondant sur des traces visibles d’une influence du bouddhisme Mahayana). Ce texte est attribué à Patanjali, de qui on ne sait pas non plus grand-chose. Certains pensent qu’il s’agit du même Patanjali auteur des traités en grammaire et en médecine qui aurait vécu entre le 500 et le 200 AC. Les Yoga Sutra sont un texte classique sur la philosophie du yoga. Il définit ce qu’est le yoga et nous présente tout un programme d’exercices qui vont nous mener vers la libération spirituelle.

Par rapport à la définition du Yoga, il nous dit à I.2 que le Yoga est:

 » Cita Vittri Nirodha »

Le contrôle des activités ou fluctuations du mental

 

Que signifie exactement tout ceci?

  • Yoga: il s’agit de l’union avec le Soi transcendant. Ceci est possible grâce à l’union de la discipline spirituelle (n’importe quelle pratique qui puisse mener à l’union avec le Soi) avec la discipline mentale (en contrôlant le mental on peut tout contrôler).
  • Citta: il s’agit de la totalité du mental (de l’esprit). Il est donc l’instrument par lequel on perçoit le monde extérieur ce qui inclut la conscience, l’intellect (ou Bouddhi) et l’ego (ou Ahamkara).
  • Vritti: il s’agit des tourbillons ou remous de la conscience.
  • Nirodah: il s’agit d’arrêter, contrôler ou faire cesser ces remous.

On voit donc, comme pour Patanjali, que le Yoga est une discipline qui va calmer ou stabiliser les tourbillons de notre esprit.

 

Quel est le papier de la flexibilité dans tout ceci?

Etant donné que les asanas ou postures ne sont pas une fin mais un moyen pour apaiser le mental, la flexibilité n’est pas du tout un réquisit obligé pour la pratique. En relation à ceci Patanjali nous dit deux choses:

  • « Sthira Sukham Asanam » (II.46): la posture doit être ferme et confortable.
  • « Abhyasa Vairagyabhyam Tan Nirodhah » (I.12): c’est en cultivant la pratique constante et le non-attachement que le mental s’apaise.

On voit donc comme la posture n’est qu’un moyen et que ce qu’il faut est de la persévérance et un lâcher-prise. Si pendant une asana un sentiment d’inconfort, des pensés style « je ne suis pas assez souple », des frustrations ou même des gros mots surviennent, ceci veut dire que la pratique est incomplète. Effectivement il s’agit d’une preuve d’attachement à un résultat spécifique auquel on n’arrive pas. Nous portons un jugement en comparaison avec une situation que n’est pas et ceci nous crée plus de tensions dans le mental ainsi que dans le corps. Dans ces cas ce qu’il faut est d’observer ce phénomène, se recentrer et retourner dans l’acceptation et l’abstraction.